Vie économique

Fiche pratique

Résoudre les litiges commerciaux grâce aux modes alternatifs de règlement des différends (MARD)

Vérifié le 27/11/2024 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

Les modes amiables de règlement des différends (MARD) permettent de régler les litiges sans recourir aux tribunaux. Ils favorisent la recherche d'un accord en améliorant la communication entre les parties. Les MARD sont plus rapides et moins coûteux qu'un contentieux et ils respectent le principe de confidentialité.

Il existe différents modes alternatifs de règlement des différends (MARD) : médiation (conventionnelle et judiciaire), arbitrage, conciliation, procédure participative et droit collaboratif.

Médiation

Médiation conventionnelle et judiciaire

Il existe deux types de médiation :

  • <span class="miseenevidence">MĂ©diation conventionnelle ou extra-judiciaire</span> : elle est initiĂ©e par les parties. Le mĂ©diateur est une personne formĂ©e spĂ©cifiquement pour faciliter la rĂ©solution de conflits et qui est rĂ©munĂ©rĂ©e. Ce peut ĂŞtre un avocat ou une personne appartenant Ă  une chambre de commerce ou Ă  une association professionnelle. La mĂ©diation conventionnelle peut intervenir Ă  diffĂ©rents moments :
  • <span class="miseenevidence">MĂ©diation judiciaire</span> : elle est proposĂ©e <span class="miseenevidence">par le juge</span> Ă  tout moment de la procĂ©dure (en rĂ©fĂ©rĂ© ou en instance d'appel) devant le tribunal. Les parties donnent leur accord sur le nom du mĂ©diateur judiciaire proposĂ© par le juge et qui est rĂ©munĂ©rĂ©. Il peut s'agir d'une personne morale (une sociĂ©tĂ© ou une association) ou d'une personne physique. Sa mission est limitĂ©e Ă  une pĂ©riode de 3 mois renouvelable une seule fois. Le juge peut se rĂ©fĂ©rer Ă  la liste des mĂ©diateurs inscrits auprès de la cour d'appel.

Pour en savoir plus sur la médiation conventionnelle, vous pouvez consulter la <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F34631">fiche dédiée</a>.

Médiateurs publics : Médiateur des entreprises et Médiateur des litiges à la consommation

En cas de <span class="miseenevidence">litiges entre professionnels ou avec l'administration</span>, il est possible de saisir le Médiateur des entreprises qui dépend du ministère de l'Economie et des Finances. Il intervient notamment dans les litiges suivants :

  • Litiges dans l'exĂ©cution d'un contrat (conditions de paiement, rupture brutale de contrat, etc.)
  • Litiges entre une<a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=R65420"> TPE</a> ou une <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=R64879">PME</a> et une grande entreprise
  • DifficultĂ©s dans le cadre d'une <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=N31387">commande publique</a>
  • Non-respect d’un accord verbal
  • Conditions de paiement non respectĂ©es (retards de paiement, retenues injustifiĂ©es, <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=R63644">pĂ©nalitĂ©s</a> abusives), etc.

Le Médiateur des entreprises réalise une prestation gratuite et permet de trouver une solution tout en préservant la relation commerciale.

Pour en savoir plus sur le Médiateur des entreprises, vous pouvez consulter la <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F38216">fiche dédiée</a>.

En cas de <span class="miseenevidence">litige avec un client particulier</span>, le professionnel a l'obligation de lui proposer de recourir au médiateur des litiges à la consommation. Celui-ci est compétent en cas de différend portant sur l'exécution d'un contrat de vente ou de prestation de service. La médiation de la consommation est gratuite pour le consommateur mais payante pour le professionnel.

Pour en savoir plus sur le Médiateur des litiges à la consommation, vous pouvez consulter la <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F33338">fiche dédiée</a>.

  Ă€ savoir

Il existe d'autres médiateurs publics :

  • En cas de difficultĂ©s pour trouver un financement ou pour rembourser un prĂŞt, il est possible de saisir la <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F22316">MĂ©diation du crĂ©dit</a>. Ce service de la Banque de France est gratuit et confidentiel.
  • En cas de difficultĂ©s dans les dĂ©marches avec l'Urssaf, la <a href="https://www.urssaf.fr/portail/home/utile-et-pratique/mediation.html" target="_blank">mĂ©diation de l'Urssaf</a> peut ĂŞtre saisie gratuitement. Il faut au prĂ©alable avoir rĂ©alisĂ© une dĂ©marche auprès des services de l’Urssaf par courrier, par messagerie ou lors d’un rendez-vous.

Conciliation

La conciliation permet de résoudre un litige entre plusieurs personnes grâce à l’intervention d’un tiers : le <span class="miseenevidence">conciliateur de justice</span>. Elle permet par exemple de régler des conflits liés au recouvrement de créance.

La conciliation repose sur la bonne volonté des parties à trouver un accord. Elle est gratuite.

Le conciliateur de justice est un bénévole nommé par ordonnance du président de la cour d'appel et assermenté. Il peut être intervenir :

  • Sur dĂ©signation du juge : c'est la conciliation dĂ©lĂ©guĂ©e ou la conciliation judiciairement ordonnĂ©e.
  • Ă€ la demande d’une ou des parties, avant ou pendant un procès : c'est la conciliation conventionnelle.

Pour trouver un conciliateur de justice en dehors d'une procédure judiciaire, il faut contacter une des permanences de conciliateurs de justice  :

Où s’adresser ?

 Ă€ noter

Pour en savoir plus sur le conciliateur de justice, vous pouvez consulter la <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F1736">fiche dédiée</a>.

Arbitrage

En cas de recours à l'arbitrage, le litige n'est pas réglé par une juridiction mais par un ou des arbitres choisis et rémunérés par les parties.

L'arbitrage est un mode résolution des litiges très utilisé en matière commerciale, en cas de conflits entre associés d'une société commerciale, dans l'application d'un <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F37343">contrat de franchise</a> ou de distribution.

Les parties peuvent décident de recourir à l'<a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F34629">arbitrage</a> à différents moments :

  • <span class="miseenevidence">Avant la survenance d'un litige</span> : les parties peuvent convenir d'une <span class="miseenevidence">clause compromissoire</span>, directement insĂ©rĂ©e dans le contrat ou dans un contrat sĂ©parĂ©. Cet Ă©crit est signĂ© par les deux parties et mentionne le choix de l’arbitre chargĂ© de trancher le diffĂ©rend. La clause compromissoire est autorisĂ©e uniquement dans les contrats conclus dans le cadre d'une activitĂ© professionnelle (dans un contrat de franchise par exemple). Lorsque l'une des parties n'a pas contractĂ© dans le cadre de son activitĂ© professionnelle, le professionnel ne peut pas se prĂ©valoir de la clause compromissoire auprès du non-professionnel.
  • <span class="miseenevidence">Pendant le litige</span> : les parties dĂ©cident de rĂ©gler par voie d'arbitrage un litige dĂ©jĂ  existant. On parle de <span class="miseenevidence">compromis d'arbitrage</span>. Ce compromis doit dĂ©terminer l’étendue de l’objet du litige et la dĂ©signation des arbitres.

 Attention :

Il n'est pas possible d'avoir recours à l'arbitrage après l'ouverture d'une <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=R57210">procédure collective</a>.

Procédure participative et droit collaboratif

L'objectif est de parvenir à un accord amiable grâce à l'intervention des avocats de chacune des parties.

Avant le litige :

  • <span class="miseenevidence">ProcĂ©dure participative conventionnelle</span> : elle rĂ©sulte d'une convention par laquelle les parties s'engagent Ă  trouver une solution amiable Ă  leur litige par le biais de leurs avocats. Les parties Ă©changent leurs pièces et leurs arguments par l’intermĂ©diaire de leurs avocats. Les parties peuvent recourir Ă  un tiers (par exemple. : expert, professeur de droit…). Cette convention est conclue pour une durĂ©e dĂ©terminĂ©e. Tant que la convention est en cours, tout recours au juge pour qu'il statue sur le litige est irrecevable.
  • <span class="miseenevidence">Droit collaboratif</span> : il rĂ©sulte d'une contrat par lequel les parties et leurs avocats s’engagent Ă  tout mettre en Ĺ“uvre pour rechercher un règlement amiable du diffĂ©rend. Les parties prennent l’engagement de ne pas saisir le juge pendant la durĂ©e du processus. Les nĂ©gociations sont confidentielles. Elles se dĂ©roulent selon 5 Ă©tapes dĂ©finies pour aboutir Ă  un accord. Les parties peuvent, ou non, dĂ©cider de faire homologuer leur accord.

Lorsque le juge est saisi :

<span class="miseenevidence">Procédure participative aux fins de mise en état</span> : les parties et leurs avocats s'entendent pour mettre leur litige en état d'être jugé. Elles définissent ensemble avec leurs avocats une méthodologie de travail et un calendrier de réunion. Elles choisissent également conjointement les experts auxquels elles souhaitent avoir recours. Cela permet au juge, à la fin de la procédure, de prendre une décision sur le fond.

  Ă€ savoir

Pour en savoir plus sur la procédure participative et le droit collaboratif, vous pouvez consulter la <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F34633">fiche dédiée.</a>

En cas de litige avec un commerçant, un artisan ou une société commerciale, il n'est pas obligatoire de recourir aux MARD avant de saisir le tribunal de commerce. Il donc possible d'assigner en paiement son <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=R12468">débiteur </a>sans passer par une phase de règlement amiable, quel que soit le montant du litige.

En revanche, il est <span class="miseenevidence">obligatoire</span> de rechercher une solution amiable avant d'engager une action en justice lorsque les 2 conditions suivantes sont réunies :

  • Le litige porte sur une somme qui ne dĂ©passe pas <span class="valeur">5 000 €</span>.
  • Le litige est de la compĂ©tence du tribunal judiciaire (le dĂ©biteur est un particulier, un professionnel libĂ©ral, etc.).

La solution amiable peut être une conciliation menée par un conciliateur de justice, une médiation ou une procédure participative.

 Attention :

Lorsqu'une procédure simplifiée de <a href="https://bohainenvermandois.fr/vie-economique/?xml=F38307">recouvrement de petites créances</a> a été engagée et a échoué, le recours aux MARD n'est pas obligatoire.

Qu'il s'agisse de négocier un accord par le biais des avocats (procédure participative et droit collaboratif) ou d'un tiers (médiateur, conciliateur de justice), les divers modes alternatifs de règlement des différends (MARD) présentent de nombreux avantages :

  • Ils sont <span class="miseenevidence">confidentiels</span>. Ă€ l'inverse, une procĂ©dure judiciaire est toujours publique et peut avoir des impacts nĂ©gatifs sur l’image d’une des parties.
  • Ils sont <span class="miseenevidence">moins couteux</span> que les procĂ©dures judiciaires et parfois mĂŞme gratuits. C'est par exemple le cas de la conciliation.
  • Ils permettent de rĂ©gler un conflit <span class="miseenevidence">plus rapidement</span> que les procĂ©dures judicaires traditionnelles.
  • Ils permettent de maintenir le dialogue entre les parties et <span class="miseenevidence">prĂ©servent ainsi la relation commerciale</span>.
  • Les parties peuvent choisir le mĂ©diateur ou l’arbitre et ainsi bĂ©nĂ©ficier de leur expertise spĂ©cifique.